Les quasars sont bien connus pour être les astres les plus énergétiques et aussi les plus distants dans notre Univers. Il semblerait toutefois que la brillance des quasars les plus lumineux soit en partie due à une cause extrinsèque (i.e. extérieure). En effet, si une galaxie (ou autre objet massif) se trouve très près de la ligne de visée entre un quasar étudié et un observateur terrestre, l'espace autour de la galaxie peut être déformé (de par sa présence) de façon telle que plusieurs rayons lumineux distincts nous parviennent du même quasar. Il en résulte que l'observateur pourra voir une image multiple, déviée, déformée et aussi amplifiée d'un quasar normalement ordinaire. A I'instar des mirages atmosphériques, la déflexion de la lumière par le champ gravifique d'un objet massif peut donc conduire à la formation d'extraordinaires mirages gravitationnels.
Bien qu'il soit facile de deviner les effets détestables des mirages gravitationnels pour la cosmologie moderne, il faut savoir que ces objets exotiques nous apportent d'autres grands espoirs : l'observation des mirages gravitationnels devrait non seulement nous permettre de détecter et d'évaluer la quantité de matière manquante cachée dans l'Univers mais aussi de mesurer d'une façon originale le taux d'expansion (c'est-a-dire la constante de Hubble), la courbure (c'est-a-dire le paramètre de décélération) et par voie de conséquence l'âge notre Univers.
Jean Surdej
Site : IAGL : Mirages gravitationnels
Voir aussi : IAGL : Astronomie extragalactique