
La "Première Lumière" du Very Large Telescope était attendue avec impatience par l'ensemble de la communauté européenne des astronomes. Avec quelque anxiété aussi.
Le VLT, télescope géant de 16 m, qui comprend le couplage de quatre télescopes de 8,20 m, est en cours de construction sur le mont Cerro Paranal à 600 km au Nord de Santiago du Chili. Il est l'uvre de l'ESO, (Observatoire européen Austral). Lorsqu'il sera terminé pour le début du troisième millénaire, il sera le plus grand télescope optique du monde. La première des quatre unités du VLT (UT1) est enfin opérationnelle.
Les premières images ont en effet été obtenues avec le UT1 du VLT, pendant la nuit du 25 au 26 mai 1998. Ces images étaient d'abord destinées à tester les performances du télescope et de son logiciel de contrôle. La science, tout comme les grandes découvertes, viendront plus tard... ce qui n'empêche pas de déjà pouvoir admirer quelques beaux objets célestes sans plus attendre.
Ces résultats ont été présentés au cours de conférences de presse organisées le mercredi 27 mai simultanément au Chili, au Danemark, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie, au Portugal, en Suède, en Suisse et en Belgique, au Planétarium de Bruxelles et en présence d'Yvan Ylieff, ministre fédéral de la Politique scientifique et en présence d'une centaine d'invités. Y prirent notamment la parole : le professeur C. Waelkens, président du Comité belge de l'ESO et le professeur Jean-Pierre Swings, membre du Conseil de l'ESO et président du Conseil de département de l'Institut d'Astrophysique et de Géophysique de l'Université de Liège.
Parmi les images collectées durant cette nuit mémorable, on trouve celle de l'Amas globulaire OMEGA du Centaure, celle du quasar du "Trèfle à quatre feuilles", une image de la région centrale de l'amas globulaire M4, celle de la structure dans la nébuleuse du Papillon. Une autre nous révèle les filaments à grande vitesse dans Eta Carinae. La dernière met en évidence la bande de poussières de Centaurus A. Sans oublier celle du jet de M87 que nous vous offrons de découvrir ci-dessous déjà rien que pour le plaisir des yeux.
A chaque pose, le VLT a obtenu une qualité d'image exceptionnelle
démontrant ainsi sa qualité optique parfaite et sa capacité
à révéler des détails de faible brillance. Les spécifications ont été
atteintes avec une précision qui n'était prévue, pour certaines d'entre
elles, que d'ici à deux ou trois ans. Il est donc permis de continuer
de rêver aux formidables possibilités futures de cette fabuleuse machine
à "démonter" l'Univers.
Aujourd'hui, encore le rêve; demain, la jubilation.
Pierre Bastin
(28 mai 1998)
